Le bénévolat vu de l’intérieur

Ils donnent des coups de main sur une course à pied, un trail ou un match de basket. Rencontre avec 3 bénévoles qui nous racontent le pourquoi du comment.

« Sans bénévoles, cet événement n’aurait pas pu avoir lieu ». La formule peut paraître éculée, un peu comme les remerciements à ses parents quand on reçoit un prix. Sauf qu’elle continue à revenir dans la bouche des organisateurs d'événements sportifs et chez de nombreux participants. À partir de là, deux solutions. Un complot mondial piloté par un syndicat de bénévoles infiltré, ou, plus simplement, la vérité : les bénévoles sont la clé de voûte de l'événementiel sportif en France. Nous sommes allés en rencontrer quelques uns pour discuter de ce qui les poussait à s’impliquer.

Un mot sur le casting d’abord : Aurore termine ses études en Staps à Paris et était bénévole sur l’Eco trail de la capitale, Cindy est professeur de Karaté dans le Vaucluse et elle est intervenue sur le Trail du Mont Ventoux, Valéry est lui en pleine reconversion professionnelle et a notamment donné un coup de main sur des matchs de l’équipe de basket de Nanterre. Ces trois bénévoles nous racontent leurs aventures sur ces trois évènements qui se sont tenus fin mars et qu’ils ont repérés sur la plateforme Sport Bénévoles.

Les débuts

Ce Trail du Ventoux était la première expérience de bénévolat pour Cindy. « Quand j’ai déménagé dans le Vaucluse, j’ai vite entendu parler de ce trail et je me suis dit pourquoi pas… », sourit la karatéka. Si Aurore n’a pas de sport préféré, elle touche un peu à tout, du badminton au hand en passant par le surf. Sa première fois en tant que bénévole remonte à 2012, pour le Mucopompier, une course organisée à Brest qui permet de lever des fonds pour lutter contre la mucoviscidose. Elle y avait remis les dossards aux participants. « C’était un petit événement, mais j’ai tout de suite aimé l’adrénaline qu’il y avait autour de la course, dans la bonne humeur », raconte celle qui est devenue une habituée du bénévolat. Comme Valéry, qui a commencé le bénévolat au sein du Lions Club avant de se jeter à l’eau dans le sport. Après un déclic : « Je me suis mis à la course à pied il y a 5 ans quand j’ai arrêté de fumer après 20 ans, pour compenser le manque. Au bout de 2/3 ans, et plusieurs courses j’ai eu envie de passer de l’autre côté de la barrière. » Il a notamment officié sur les ravitos de la Course du Grand Paris en 2017 et a même depuis organisé sa propre course, les 10 kilomètres du 9ème à Paris.

Les raisons

Les motivations qui poussent à sauter le pas du bénévolat sont diverses et variées. Pour Aurore, c’est une affaire de continuité. « J’avais envie de me sentir utile, de participer à quelque chose de bien, et comme j’aimerais plus tard organiser des évènements sportifs de pleine nature, c’est naturel de m’impliquer en tant que bénévole », explique-t-elle. La Bretonne ajoute : « Cela me permet de rencontrer des gens mais aussi de vivre le fonctionnement d’une course de l’intérieur ». Le Francilien Valéry la rejoint sur ce point.

S’il ne sait pas encore où va le mener sa reconversion, le quarantenaire apprécie de pouvoir faire partie d’une communauté de bénévoles actifs et profite de ses nombreuses expériences pour observer d’un œil avisé l’organisation. « Maintenant que j’ai expérimenté le côté participant et le côté organisateur, c’est important de tester le côté bénévoles », pose celui qui a officié à la buvette lors des 3 derniers matchs de Nanterre à domicile. « Quand tu organises une course ou un événement, c’est crucial de savoir comment ça se passe pour les bénévoles, d’identifier leurs envies, leurs besoins, leurs problématiques, et quoi de mieux que le vivre pour le savoir », poursuit Aurore. Pour Cindy, l’équation était encore plus simple : « J’avais envie de participer d’aider, le trail était proche de chez moi, c’était pratique, j’ai foncé ! ».

Le jour J

Valéry raconte son dernier match à Maurice Thorez, l’antre de la JSF Nanterre : « Le rendez-vous était fixé 1h30 avant le match pour un briefing. À la buvette il y a la mise en place, le rush avant le match, à la mi-temps, et un peu à la fin, et ensuite un peu de rangement. » « J’avais déjà été à quelques matchs avec mes enfants et j’avais senti une ambiance familiale, qui m’a donné envie, et que j’ai pu ressentir en tant que bénévole », se réjouit-il. « Nous avions de l’autonomie, ça m’a bien plu » conclut-il. Une grande famille, les mots reviennent souvent quand on discute avec les bénévoles. Depuis la réunion d’information jusqu’à la veille de la course où elle a distribué les dotations aux participants, Cindy évoque une ambiance bon enfant, une ouverture d’esprit, et une grande bienveillance : « je me suis tout de suite sentie intégrée, l’organisation était aux petits soins avec nous ». Aurore avait, elle, demandé à pouvoir tourner sur plusieurs postes. « J’ai pu faire l’arrivée du 18km le midi, puis la remise des dossards, puis signaleuse sur le 80 km au pied de la Tour Eiffel et j’ai fini dans le camion de la consigne. Je crois que personne ne veut faire la consigne, alors que c’est intéressant aussi, on est le dernier visage de l’organisation que le coureur voie ».

La suite

Cindy ressort de l’expérience avec une seule frustration : ne pas avoir pu faire les deux jours. « Je n’ai pu faire que la veille de la course, mais l’année prochaine j’ai déjà prévenu l’organisation qu’elle me dise dès que la date est fixée pour que je vienne les deux jours » sourit-elle. Pour Valéry la question ne se pose pas non plus : « Je recommence dès le match de mardi prochain ». « On rend service, on passe du bon temps, on rencontre des gens, ce sont de vrais bons moments » résume-t-il. « C’est une expérience très riche rebondit Aurore, j’aimerais garder ce lien quand j’aurais commencé ma vie professionnelle ». La vingtenaire se projette même encore plus loin : « ce sera une bonne occupation quand je serai à la retraite ! ».

Crédit photo : Oxy'Trail