Marseille-Cassis : une course internationale et familiale

Si Marseille-Cassis est l’une des courses réunissant le plus de participants en France, son organisation reste familiale et tous les bénévoles se sentent investis dans l’organisation. De la prise de décision à l’opérationnel le jour J, jusqu’au pot de fin de course.

Après avoir participé à 15 éditions en tant que coureur, Philippe Simion a décidé de faire Marseille-Cassis de l’autre côté. Celui de l’organisation. À 59 ans, cet informaticien est responsable de la sécurité sur l’une des plus belles course de France, qui traverse une partie du parc national des Calanques par la célèbre route de la Gineste. Un événement qui réunit 20 000 coureurs sur 20 km où la sécurité doit être irréprochable. Elle est d’ailleurs pensée en amont et si Philippe est responsable de tout ce domaine, les décisions ne se font jamais seules : « Nous sommes une association familiale et nous partageons toutes nos idées sur l’organisation du dispositif, explique-t-il. Sur la sécurité, comme pour tous les autres sujets. A l’inverse d’A.S.O. (organisateurs du marathon de Paris notamment, NDLR) nous ne bénéficions pas d’une personne dédiée qui pense tout en amont.»

D’autant plus qu’avec ses 20 000 participants, le dispositif de sécurité a radicalement changé. L’association sportive SCO Sainte-Marguerite de Marseille, qui gère l’organisation de l’événement depuis sa création il y a 40 ans, pouvait auparavant n’engager que des bénévoles pour toute la course, mais est désormais obligée de passer par des professionnels de la sécurité, notamment sur les points de fouille à l’entrée de la zone de départ. Des professionnels qui sont gérés et encadrés par les bénévoles. Philippe doit également déposer chaque année un dossier décrivant le dispositif à la Préfecture de Police qui doit être validé pour que la course puisse avoir lieu : « Nous devons notamment assurer aux forces de l’ordre que chaque point d’entrée sera totalement sécurisé, confie Philippe.

Entre 600 et 800 bénévoles

La sécurité est une thématique importante de l’organisation, qui compte 160 personnes. En tout, ce sont entre 600 et 800 bénévoles qui participent à l’événement. Ravitaillement, vestiaire, retrait des dossards, rapatriement des coureurs sur Marseille, signalisation, montage des installations… L’organisation d’une grosse course est digne d’une véritable entreprise de logistique et est effectuée par des passionnés qui ont leur vie à côté.

Christiane Giraud est aujourd’hui vice-présidente de la SCO Sainte-Marguerite et responsable du personnel sur Marseille-Cassis. Cela fait 40 ans qu’elle participe à l’organisation de cette course que son mari, l’actuel président de la Fédération Française d’Athlétisme André Giraud, a fondé en 1979. Amoureux de cette région et particulièrement du parc national des calanques, il a voulu organiser un événement sportif au sein de cet environnement paradisiaque. L’idée n’était pas dénuée de sens puisque 4 décennies plus tard, la course est toujours là et sa réputation n’est plus à faire. La première édition, ils n’étaient que 700 coureurs au départ, soit le nombre actuel de bénévoles. C’est dire le succès de l’événement.

Au départ, il n’étaient que 40 à gérer l’organisation de la course. Christiane Giraud a donc vu évoluer la course et entretient une relation privilégiée et très proche des bénévoles, qui sont pour la moitié issus du club : « L’autre moitié vient pour une petite partie de la plateforme MAIF Sport Bénévoles, sur laquelle nous espérons recruter encore une centaine de bénévoles pour l’édition 2020.»

Si Christiane gère la totalité des bénévoles, elle a mis en place une organisation de qualité où tous les secteurs de l’organisation sont gérés par des responsables de poste qui montent eux-même leur équipe : « Je pars du principe que lorsque les gens se connaissent, ils travaillent mieux ensemble » justifie-t-elle.

Pour ceux qui ne se connaissent pas, qu’à cela ne tienne. Ils font connaissance sur place dans une ambiance cool et festive. Et être bénévole sur Marseille-Cassis peut littéralement changer votre vie ! « Il y a quelques années, un couple s’est formé sur l’un des ravitaillements de la Gineste, raconte Christiane. Ils se sont ensuite mariés. » Être bénévole peut donc aller au delà du simple aspect logistique !

Du monde au ravito

D’autant plus sur une course comme Marseille-Cassis, où tous se sentent très investis. Cette course occupe une place particulière dans le coeur des bénévoles, comme l’explique Philippe Simion : « La course dépasse le côté sportif. Les bénévoles se sentent proches de l’événement. Cela leur tient à coeur de participer à la mise en place d’une si grande manifestation dans un esprit familial qui perdure. Ils se sentent investis et ont envie de faire les choses bien. Pour ma part, j’aime beaucoup participer à l’organisation d’une course internationale (environ 600 coureurs étrangers par édition, NDLR) pour que tout se passe bien et permettre que cette bonne réputation ne retombe pas. Et lorsque l’on a goûté à cela, c’est très difficile de décrocher ! » Cela fait plus de 15 ans qu’il fait partie des bénévoles, et cela n’est pas prêt de s’arrêter.

Les postes qui séduisent le plus facilement sont ceux du ravitaillement. Au delà de la possibilité de trouver son âme soeur, ils sont sur le parcours, vivent la course de l’intérieur et interagissent avec les coureurs en plein effort. Plutôt sympa ! Ils sont 50 à chaque ravitaillement et 250 en tout. Le vestiaire est également un secteur clé car difficile à gérer. Contrairement à la majorité des courses, le départ est loin de l’arrivée et il faut tout acheminer à Cassis. « Nous recrutons généralement des jeunes pour ce poste, car il faut être en forme, confie Christiane. Il faut prendre les affaires des coureurs, les classer, les accrocher dans le camion, les décharger et les redistribuer. C’est une véritable logistique ». 6 semi-remorques sont dédiées au transport du vestiaire, et quittent Marseille pour rejoindre Cassis par la même route qu’emprunteront les coureurs, 45 minutes avant le départ de la course.

Une fois la course terminée, les bénévoles se rejoignent pour un pot dans une ambiance détendue lorsqu’ils ont encore de l’énergie pour le faire. Car ils sont là de 5h30 du matin jusqu’à l’après-midi. Sinon, ils organisent des réunions où chacun amène à manger et à boire pour discuter de la course et prendre du bon temps.

Si vous souhaitez participer à l’organisation de cette formidable épreuve, qui se déroulera le 27 octobre 2019, inscrivez-vous y ici.

Par Gabriel Duclos