Le lexique du bénévole

Ils sont partout, mais ils ne sont jamais en pleine lumière. « Ils », ce sont les bénévoles, rouages indispensables à l’organisation et usagers d’un langage à part.

Leur épreuve dure bien souvent plus longtemps que celle des athlètes. Les bénévoles arrivent à l’aube, montent leur stand et distribuent encouragements et petits pains comme des substituts ma-ternels. Sur le marathon de Paris, on en compte 3500 pour 45000 participants. Auxiliaires essentiels de toute épreuve sportive, nous leur rendons hommage avec un lexique propre à leur langage.

Nécessaire

C’est le nerf de la guerre. Peut-être même un synonyme à ajouter à la définition de « nécessaire » ! Sans les bénévoles, la plupart des courses à pied ne pourrait avoir lieu. Organiser des courses coûte cher, et les bénévoles, travailleurs volontaires, sont une ressource indispensable à l’organisation d’un évènement d’importance. Il y a un besoin. Les bénévoles le comble. Ils sont né-cessaires. CQFD.

Adaptation thermique

Il faut toujours penser à s’équiper sérieusement avant d’être bénévole pour une course, d’autant plus quand elle est longue. Par exemple, pour un Ironman, les bénévoles restent debout en plein air une dizaine d’heures. Il faut penser à se couvrir, se protéger, et anticiper les aléas de la météo. Imaginez : une averse drue vous tombe sur le coin du nez alors que vous avez encore cinq heures à attendre. Sans imperméable, on court à la pneumonie. Idem, quand le soleil brille, pensez à la crème solaire. Et les gants sont un équipement indispensable à tout bénévole sur une course hi-vernale !

Bob le bricoleur

Quand il s’agit de monter rapidement les tables qui accueilleront vivres et bouteilles d’eau, à six ou sept heures du matin, il faut bien souvent faire preuve d’un peu de créativité en termes de bricolage. Le tréteau sur lequel appuyer la table n’est pas droit ? Hop, on l’appuie sur une barrière. Le bénévo-le, c’est un peu le MacGyver de la course à pied, toujours prêt à faire d’une planche de skate-board et de deux cure-dents un magnifique présentoir à médailles !

Précision

On n’y pense pas mais le bénévole doit avoir le poignet sûr et l’oeil vif. La maîtrise et la répétition des gestes sont indispensables, notamment pour les personnes placées aux ravitaillements ou à la remise des goodies et médailles en fin de course. Pendant n’importe quel événément, on peut voir des athlètes passer très rapidement, alors mettre le bout de banane dans la main de ces bolides ou placer la perche à gobelet au bon endroit se révèle être des exercices périlleux. Après l’effort, un geste assuré permettra de gagner du temps et de servir efficacement les sportifs épuisés.

Casse-dalle

« Quand l’appétit va, tout va ». La devise d’Obélix s’applique aussi bien aux sportifs pendant l’effort. Et qui d’autres que les bénévoles peuvent subvenir aux colossaux besoins de ces athlètes en quê-te de performance ? Patienter au stand, avec des tonnes de bananes, de gâteaux, de compotes, de raisins, sans trop oser tendre la main comme l’ours dans le pot de miel requiert une maîtrise de soi infaillible.

Couteau

Savoir jouer du couteau est un atout pour le bénévole. Non pas pour livrer un duel à mort avec un Cheyenne ou un Comanche en colère, mais plus prosaïquement pour s’occuper efficacement de couper les tonnes et les tonnes de gâteaux, de bananes, d’oranges ou de barres énergétiques de toutes sortes qui garnissent les étals aux ravitaillements.

Zygomatiques

Si les yeux sont le miroir de l’âme, que dire du sourire ? Il est à la fois un encouragement, un plaisir esthétique pour celui qui le regarde et peut même se teinter de compassion pour les athlètes les plus en difficulté. Voir des bénévoles souriants donne du dynamisme à tout le peloton. Et puis, si le bénévole souffre des zygomatiques en fin d’événement, la douleur reste toujours moindre que celle d’un participant qui atteint les derniers kilomètres de course.

Courage

Comme expliqué plus haut, le bénévole doit donner du courage mais il doit aussi en posséder une bonne dose. Son effort est moins intense que celui d’un participant mais il est souvent beaucoup plus long ! Le bénévole doit garder une constance dans son service, et être fidèle au poste malgré les conditions météorologiques et le temps qui s’égrène.

Bienveillance

Quand on a affaire à une troupe d’êtres humains en plein effort, il faut savoir aussi parfois passer l’éponge quand on voit des comportements un peu bourrus et difficiles. Le bénévole fait preuve d’une bienveillance à toute épreuve et il arrive toujours à se mettre à la place du bonhomme épuisé qui lui arrache presque la main pour prendre un morceau de banane. Parfois, il faut savoir tendre l’autre joue.

Réveil-matin

Le bénévolat n’est pas ouvert aux lève-tard ! Il faut avoir ça bien en tête avant de s’engager. Les bénévoles doivent être sur place des heures avant le début officiel de la course, pour préparer les stands, organiser la distribution de dossards, etc. Et en matière de course à pied, l’épreuve pro-prement dite débute rarement après neuf heures du matin. Vous serez prévenus ; si l’envie vous venait de faire du bénévolat en ville, il faut s’attendre à croiser quelques oiseaux de nuit rentrant chez eux, alors que vous avez encore la trace de l’oreiller sur le coin du visage.

Volontaire

Quand on s’apprête à rester des heures à son poste, qu’il vente, qu’il neige ou sous la canicule, il faut savoir pourquoi on le fait. Être bénévole, c’est avoir le sentiment de sa propre utilité, sans cher-cher de la reconnaissance. Si bénévolat est synonyme de volontariat, ce n’est pas un hasard ; étant bénévole, on doit faire montre d’une volonté à toute épreuve, d’une détermination sans faille dans sa mission : celle d’être un rouage de l’ombre, mais un rouage indispensable au bon déroule-ment de toutes épreuves sportives.