En sport adapté, les bénévoles donnent et reçoivent

Les Championnats de France de natation sport adapté se déroulaient du 4 au 7 juillet à Villejuif. 50 bénévoles étaient présents sur place pour permettre aux personnes en situation de handicap psychique ou mental de concourir dans un événement national.

Le sport adapté est encore très peu connu. Souvent assimilé au handisport, à tort, il est réservé aux personnes en situation de handicap mental ou psychique. Des personnes souffrant d’autisme, de troubles envahissants du développement (TED), de bipolarité, de schizophrénie ou encore de trisomie. Des personnes très souvent autonomes pour qui le sport permet de s’épanouir et de s’intégrer dans une société où ils sont souvent stigmatisés.

Cela fait 48 ans que la Fédération Française de Sport Adapté (FFSA) oeuvre pour le développement d’activités et de compétitions destinées aux personnes en situation de handicap mental ou psychique. Aujourd’hui, elle comptabilise 63 000 licenciés et regroupe 86 disciplines. L’athlétisme, la natation, le football et le tennis de table sont les sports les plus représentés.

2 800 rencontres sont organisées chaque année dont 25 Championnats de France : des événements sportifs qui bénéficient d’un budget assez restreint et qui nécessitent le recrutement de nombreux bénévoles. Du 4 au 7 juillet, la ville de Villejuif accueillait les Championnats de France de natation sport adapté, et ce sont 225 sportifs qui se réunissaient au sein du Stade Nautique Youri Gagarine et concouraient sur des épreuves de championnats de natation classiques. Du 50 m au 1 500 m, de la nage libre au dos crawlé, en individuel ou en relais. L’ambiance était authentique et la joie des nageuses et nageurs communicative. L’enthousiasme des 50 bénévoles se mêlait à la concentration des sportifs dans cette piscine extérieure baignée de soleil. Une parenthèse heureuse de 4 jours avant que chacun reprenne sa vie quotidienne.

Nous avons eu l’occasion de rencontrer les organisateurs et bénévoles, qui incarnent le développement du sport adapté et permettent aux personnes en situation de handicap mental ou psychique de s’épanouir, en participant à des compétitions nationales et internationales.

Elodie, bénévole sur les Championnats de France de natation sport adapté

On n’est pas invisibles

« J’adore le contact avec les sportifs. Ils sont plus sincères dans leur manière d’être que les sportifs ordinaires, beaucoup plus authentiques. Quand ils ont des coups de mou, ils viennent nous voir et nous les aidons. Puis ils nous «check», nous remercient. Ces moments là sont plus forts que dans le sport ordinaire. C’est cela qui fait que je reviens, on n’est pas invisibles. J’aime donner de mon temps pour ces choses là. On a toujours le mythe des personnes qui s’énervent vite, mais c’est tout le contraire. Ils ont toujours le sourire. Le sport et ces compétitions leur apportent beaucoup de bien dans leur vie. »

Esther Nommé, responsable du développement à la Ligue Régionale du Sport adapté d’Ile-de-France

La relation entre bénévoles et sportifs

« Il y a un vrai lien entre les bénévoles de sport adapté et les sportifs. Les sportifs sont très reconnaissants et renvoient beaucoup de choses positives et de considération envers les bénévoles. C’est pourquoi ils sont très heureux de participer à l’organisation de l’événement. Il y a un grand respect entre eux. »

Un recrutement facilité

« Nous n’avons pas eu de mal à recruter des bénévoles pour les Championnats de France de natation sport adapté. L’année dernière, nous avons organisé les premiers Jeux Européens de sport adapté pendant une semaine. 10 disciplines étaient représentées, et beaucoup de bénévoles ont répondu présents. Cela a permis de faire découvrir le sport adapté à un plus large public dont une partie a voulu s’investir pour nous aider et participer au développement du sport adapté. Pour recruter les bénévoles, nous mettons en place des appels sur Facebook qui fonctionnent bien. Nous contactons également les anciens bénévoles et passons par la plateforme Sport Bénévoles de la MAIF. C’est un super outil car nous avons créé notre événement il y a un mois, et cela nous a permis de recruter une dizaine de bénévoles supplémentaires. »

Noëlle, bénévole sur les championnats de France de natation sport adapté

C’est ici que l’on a besoin de nous

« J’ai commencé le bénévolat car j’étais une maman de sportifs qui aidait toujours sur les événements de ses enfants, je n’arrivais jamais à dire non. Depuis, je continue car c’est à mon tour de donner de mon temps. J’aime beaucoup voir grandir les sportifs. Ils nous le rendent tellement bien. Ils sont heureux de retrouver les bénévoles lors des compétitions. Je préfère les événements de sport adapté car c’est là que l’on a besoin de nous. Dans les événements ordinaires, c’est plus simple de trouver des bénévoles. Ici, on se sent vraiment utile. On partage leur joie. Leur succès nous touche beaucoup. »

Camille, chargée du recrutement des bénévoles

Besoin de médiatiser le sport adapté

« On a besoin de médiatiser le sport adapté pour faire venir les bénévoles. Ce sont toujours de très belles expériences. Les athlètes sont beaucoup plus ouverts et contents. Parfois, les athlètes valides sont un peu froids. Ici, c’est tout le contraire. Les remerciements des athlètes sont très émouvants. Ils n’ont pas de filtre. »

Par Gabriel Duclos